La Maison du bootlegger
Prohibition? Et Alors!
Je ne suis jamais allée à la Maison du Bootlegger. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais lorsque l’opportunité s’est présentée, le restaurant était complet. Par contre, on m’en a grandement parlé et c’est comme si j’y avais déjà mis les pieds. Mais au fait, que veux dire bootlegger? De l’anglais américain, ça veut dire « l’homme qui cache une bouteille dans sa botte ». Dans le fond, il s’agissait tout simplement du mot utilisé pour désigner un contrebandier d’alcool pendant la prohibition. Dans ce sens, la Maison du Bootlegger porte très bien son nom.
Reconstruction illégale
À l’origine, cette maison d’architecture québécoise mais d’inspiration bretonne a été construite en 1860 au nord-est de la rivière Malbaie. Lorsque la maison a été rachetée en 1933, le nouveau propriétaire, un riche américain, a décidé de la déménager à l’endroit actuel, à Sainte-Agnès. Pour ce faire, il a fait numéroter tous les matériaux de la maison, l’a fait démonter pièce par pièce puis reconstruite, mais avec quelques extras disons… illégaux à l’intérieur. Il a fait ajouter des passages et des couloirs secrets, bref un labyrinthe digne d’Harry Potter. Officiellement, cette maison allait servir de club de chasse. Officieusement, il en fut tout autrement.
Discrétion assurée!
Au début du 20e siècle, le transport et la vente d’alcool étant devenus illégaux, les contrebandiers prolifèrent. Le propriétaire profite de cette manne et son club de chasse devient le Club des Monts, un endroit sélect pour riches bourgeois d’ici et des États-Unis. Ces derniers connaissent déjà la région pour y avoir passé leur vacances estivales alors s’ils peuvent ajouter le vice à leur activités de détente, tant mieux. Le Club des Monts était un endroit discret où les hommes pouvaient déguster les produits de leur chasse, boire un verre d’alcool prohibé, jouer au casino clandestin ou tout simplement passer du bon temps en « charmante » compagnie. Lorsque la brigade des mœurs se présentait, les hommes pouvaient facilement se cacher, et les policiers n’y voyaient que du feu, sans ne jamais rien trouver d’illégal. L’actuelle propriétaire a décidé de mettre ces cachettes en valeur.
Changement de cap, mais pas trop
Elle a transformé cette maison clandestine en restaurant. Elle s’est renseignée auprès des survivants de l’ancien propriétaire, a exploré les lieux de fond en comble pour faire l’inventaire des couloirs cachés, des bars pivotants et des escaliers trompe-l’œil et a transformé le tout en attrait touristique. Ce quasi musée vous permettra de vous promener dans les dédales de la maison, un guide à votre portée qui fera en sorte que vous ne vous perdrez pas. Les visiteurs pourront même admirer les vestiges d’autrefois, décors authentiques et signatures de personnalités comme Elvis Presley qui ont franchi les portes de cet établissement. Le restaurant a été aménagé au grenier, là où les toits basculent pour vous permettre d’admirer la vue. Semble-t-il qu’on y mangerait les meilleurs steaks de la région, en plus d’y passer du bon temps entre amis au son des musiciens qui réchauffent la scène.
Le dernier mot
C’est ce qu’on m’a dit… Et comme j’ai tendance à croire mes amis, je vous le suggère fortement. Mais n’oubliez pas de réserver!
Bonne visite! |